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Mercredi 9 mai à 18h25  Sortie au cinéma
Nul homme n'est une île
Le Concorde 

Mercredi 16 mai à 19h30
La religieuse portugaise d'Eugen Green
Maison de quartier Bottière

Vendredi 18 mai à 19h30
Réalité de Quentin Dupieux
Restaurant social
 
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Nos commentaires sur les derniers films vus dans les salles de cinéma nantaises : 

- Seule sur la plage la nuit de Hong Sang-Soo au Concorde
The Host de Bong Joon-Ho sortie au Cinématographe
- Everyone Else de Maren Ade sortie au Cinématographe 
- Mr Smith au sénat de Frank Capra au Cinématographe
- Paterson de Jim Jarmush sortie au Katorza
- Béliers de Grímur Hákonarson au Katorza
- A la recherche de Vivian Maier
- Le client de Asghar Farhadi sortie au Katorza
Elle de Paul Verhoeven au Katorza
A peine j'ouvre les yeux de Leyla Bouzid au Concorde
Mia Madre de Nanni Moretti  au Katorza
Une histoire de fou  de Robert Guédiguian au Katorza
Nostalgie de la lumière de Patricio Guzman
Le bouton de nacre de Patricio Guzman au Concorde
Samia de Philippe Faucon au Katorza
Fatima de Philippe Faucon avant première au Katorza

Les commentaires d'Elise :
Limpides et bien sentis sur toute sorte de films dans les salles
Ici sur notre forum



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Les entretiens de notre collègue Dominique Vergnes :
Celui de Hughes Barthes auteur de bédés qui méritent le détour ICI

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- La carte d’accès solidaire au cinéma 

éditée par nous, contractualisée avec les deux cinémas le Katorza et Le Concorde elle permet à tous ceux qui ont des difficultés pécuniaires d'accéder à l'ensemble de leur programmation au tarif de 3,6 euros la séance.  
Conditions : moins de 800 euros de revenu mensuel, (minimas sociaux etc. ) 
Contact : lasagessedelimage@free.fr ou tel 0251136715.
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Notre nouveau forum de discussion sur les films  :
http://sagesseimage.forumactif.org/forum


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Les sorties collectives au cinéma
Nous proposons deux sorties par mois,

Le programme des salles nantaises :
Le programme du Katorza 
Le programme du Concorde
Le programme du Cinématographe
Programme du Bonne Garde

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Suggestions : 
 - Vincent nous proposera un programme sur le thème du Hacker,
  (il nous met en appétit sur le Forum)

- David un film sur la thématique de l’arbre et de l’écologie.
 
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AGENDA GLOBAL 2016 de La Sagesse de l'image

"-Jungle-fever-"



Commentaire après le débat

Spike Lee fait ressortir les antagonismes de communautés, de genre Hommes/Femmes, et familiaux. Antagonismes de classe aussi un peu puisque Angela l'amante italienne est de classe plus "modeste" ), et c'est un peu une satire sur la marge de la classe moyenne noire dont Spike Lee est issu, un petit règlement de compte - Paulie, personnage positif étant de classe modeste (le saint du film joué par John Torturo ), mais s'extrayant de son milieu patriarcal italien, il trace une ligne diagonale entre les antagonismes recevant les coups comme le sait qu'il est dans une position presque christique.  

Intéressant la peinture des positions de chacune et chacune et le fait de nous balader d'un point de vue à l'autre. Comme on le voit par exemple dans "Mirage de la vie" de Douglas Sirk. Le côté girouette de Flipper amène l'indécision d'Angela qui revient de son désir pour flipper vers Paulie alors qu'elle n'a que de l'amitié pour lui au fond. La situation est cruelle pour elle.

Dominique a suggéré dans notre débat le mot de mélodrame, effectivement il y a selon moi une référence à Sirk, par exemple Mahalia Jackson, la grande chanteuse de gospels que le père de Flipper et Gator ex pasteur fou écoute, est présente dans Mirage de la vie à la fin du film dans spiritual étonnant qui clôt le film. Sauf que le mélo chez Spike Lee et plus celui d’une situation générale que des personnages qui y sont pris comme des mouches. (Il n’y pas résolution chez eux d’une perte ou une fracture initiale). A cet égard il y a moins de mélodrame que de tragédie (celle qui s’exprime dans le cri incroyable des personnages confrontés qu’ils sont à un conflit qui les dépasse et dont ils ne savent s'extraire.. à l'exception d'un seul.

Quoique Spike Lee se soit "fritté" avec le cowboy américain Clint Easwood qui interroge les valeurs de l'Amérique en les affirmant, il faudrait pour comparer leur position respective, analyser les personnages de saint/héros qu'ils composent (Walt Kawalsky de Gran Torino de Clint, raciste qui retourne sa veste pour la bonne cause, et le personnage de Paulie de Jungle fever de Spike, par exemple).

Alain


"Seule sur la plage" la nuit de Hong sang-Soo



Nos commentaires après la séance au Concorde du 22 Janvier  2018

 
Claudine :
Le cinéma enchanté de Hong Sang-Soo - Liste de 7 films - SensCritique
 L'idée est donc de revisiter la partie de la filmographie de l'immense cinéaste coréen - un peu marginalisé dans la mesure où il ne travaille pas dans le polar ou le cinéma provocateur - Hong Sang-Soo, pour voir comment elle vieillit, et de compléter ma connaissance de ce cinéaste  ...

J'ai beaucoup apprécié ce film, tant pour l'univers onirique qu'il nous ouvre que pour l'interprétation des comédiennes   je n'ai pas tout compris, loin s'en faut ... des intentions de l'auteur et des questions restent en suspend ... de quelle ville européenne s'agit-il dans la première séquence du film ? pourquoi ce laveur de vitres passe-t-il autant de temps à astiquer la baie vitrée de la chambre de l'apparthôtel au bord de la mer ? et que signifie la dernière image avec ce personnage qui en porte un ou une autre sur ses épaules ?

si vous avez des réponses ... ??? 

Alain
Un film déconcertant, intriguant, composé en deux parties après la première séquence européenne sans que l'on comprenne le pourquoi de cette structure - avec un très beau final. Le spectateur doit se débrouiller pour le sens à lui donner - comme dans les autres films de Hong Sang Soo. Les personnages reviennent sur cette rencontre sans réciprocité. On pourrait dire une symétrie de la non-réciprocité des rapports qui les sépare autant que le récit qu'ils en font. Hommes et femme en prennent pour leur grade. Autant le personnage féminin que celui du réalisateur qui vient se loger dans son rêve. De même ces silhouettes de semblants d’hommes - ou de femmes - qui sont improbables. De chaque côté du tain de l'image, un monde ressemble à celui qu'il réfléchit. Les deux parties du film se rejouent à la fin sur la plage. Tout cela est-il rêvé ? Même la femme que je suis ? en tant qu'être, en tant que personnage, en tant que filmeur, en tant que spectatrice ou spectateur. Mon rêve a la substance de mon imagination, de mes sensations mais aussi et surtout d'une énigme puissante.

On tente cette énigme de la regarder en face. Celle de l'univers dont l'ouverture sur la mer est l’image. Sur la plage et dans l’appartement car cette énigme donc ne se pose qu'à partir de celle dont on filme le récit, la métaphore. Elle la rabaisse de façon très ironique dans une autodérision - celle par exemple de la baie ... vitrée. Le cinéaste en tant que nettoyeur de baie vitrée ? j’aime bien cette image insistante et drôle, la façon dont en plus le personnage vient s'allonger de façon nonchalante les pieds en avant - les doigts de pieds en en éventail pourrait-on dire - devant cet ouvert de l'univers ; ouvert barré par le nettoyeur de vitre dont on ne sait s'il est lui aussi l'un des protagonistes. C'est cette torsion qui m'intéresse chez Hong. Prendre au sérieux l’ironie de la situation y enfoncer son regard... Le grotesque des personnages - de leur récit, de leur stature de leur rencontre- ne détruit pas l'image au contraire. Chez Hong l'énigme du rapport à l’autre est clivé par nécessité entre enchantement et désenchantement. C'est dans l'exploration de cette nécessité qu'à mon avis il est grand. Un artiste se mesure à sa "nécessité". J'ai lu quelque part le mot de "maturité". Il me plait. La maturité du rapport vient quand descendant dans ce qu'il y a de plus trivial on en vient de ce fait à le sublimer, à le voir en face. Le réel est ce qu'il y a de meilleur, c'est par la fabulation que nous y atteignons.



"Poésie"

 L’interprétation ca fait des vagues Lacan


A propos de Poetry de Lee chang-Dong


Après le film Poetry qui nous a inspiré le débat. Et après le débat de nouveau le débat dans les coulisses avant de séparer. Le film et nos interprétations continuent de faire leur chemin

Danielle nous envoie la référence à ce bel entretien avec Lee Chang-dong qui confirme nos pistes de lecture nos certitudes et nos incertitudes... 

Danielle : "Oui, oui, on avait bien senti les indices! Merci pour ce beau film qui résonnera encore longtemps en moi!"



Entretien avec Lee Chang-Dong sur le film « Poetry » par Claude Mouchard numéro spécial de la revue « Poésie » consacrée à la poésie coréenne contemporaine Poésie 2012 N° 239 240
(Le texte intégral du numéro en ligne). 


Claude Mouchard : Le titre d’un film, à quel moment du travail cela vient-il ?


Lee Chang-dong : Je pense assez tôt au titre. Curieusement, tant que je n’ai pas le titre, je n’ai pas l’impression que le film va vraiment se faire. Il y a quelques années, dans une petite ville coréenne, une collégienne a été victime d’un viol collectif. Cette affaire m’a longtemps tourmenté, sans que je sache pour autant comment j’allais exprimer mes pensées à travers un film. Au début, j’ai pensé à quelque chose comme So Much Water So Close to Home, la nouvelle de Raymon Carver, mais je craignais que cette construction soit un peu trop banale. Puis un jour, alors que j’étais en train de regarder la télé dans une chambre d’hôtel à Tokyo, le titre, Poetry, m’est venu. Ils passaient une émission probablement destinée à des gens de passage souffrant d’insomnie. On voyait un fleuve tranquille, des oiseaux qui volaient et des pêcheurs qui jetaient des filets, le tout avec une musique de fond qui incitait à la méditation. C’est à moment-là que je me suis dit que le film sur cet événement cruel devait s’appeler si, « poésie ». En même temps que le titre, le personnage principal et l’intrigue me sont venus. Comme par hasard, j’étais accompagné au cours de ce voyage par un poète qui est un ami de longue date. Je lui ai donc fait part de mon idée et il m’a dit que c’était un projet risqué. Il m’a même dit que j’avais pris une grosse tête à cause du – peu de – succès que j’avais remporté dans le passé. Mais paradoxalement, je me sentais de plus en plus sûr de moi en l’écoutant.

C.M. À quel moment avez-vous pensé à cette actrice, Yun Junghee ? Le public coréen la reconnaît-il aussitôt ? Ou est-ce différent selon les générations ?

L.C. Les jeunes de moins de trente ans ne doivent pas bien la connaître. Dans le cinéma coréen, il y a une rupture nette entre les générations. Dès le début, c’est-à-dire dès l’instant où j’ai conçu ce personnage de sexagénaire élevant seule son petit-fils, j’ai pensé à cette actrice. Cette idée s’est installée en moi comme si elle allait de soi. Peu importait le fait qu’elle n’avait pas tourné pendant les quinze dernières années. Son vrai prénom est Mija, comme mon héroïne. Je ne l’avais pas fait exprès, c’était une coïncidence.

C.M. L’Alzheimer : à quel moment vous est venue cette idée ? Au moment où elle rencontre pour la deuxième fois la mère de la fille violée (dans les champs), est-ce qu’elle renonce à lui dire ce qu’elle était chargée de lui dire ? Ou est-ce qu’elle oublie la raison de sa venue ?

L.C. « Alzheimer », le mot m’est venu en même temps que le titre, le personnage de sexagénaire qui élève seule un adolescent et qui écrit un poème pour la première fois de sa vie. Elle apprend à écrire des poèmes et, presque au même moment, commence à oublier des mots. Cette maladie est une allusion très nette à la mort. Celle-ci fait penser aux relations entre ceux qui s’en vont et ceux qui restent.
Quand l’héroïne va dans les champs pour parler à la mère de la victime, elle est fascinée par la beauté de la nature, dans laquelle elle trouve même l’inspiration. Elle en oublie le but de sa visite. C’est probablement lié à sa maladie. L’oubli est une chose terrible ! C’est aussi à cause de son « poème ». Parfois la poésie fait oublier la réalité.

C.M. Le professeur-poète ne dit rien de technique sur la poésie ; il cherche à susciter le désir de poésie dans la vie… Il insiste sur « voir » : il me semble qu’ainsi est dit un rapport entre la poésie et le film, entre le désir de faire un poème et le désir de faire un film.

L.C. C’est tout à fait vrai. « Bien voir », ça concerne autant la poésie que le cinéma. Certains films nous permettent d’avoir un nouveau regard sur le monde. D’autres nous amènent à ne voir que ce que nous avons envie de voir. Il y en a aussi qui empêchent de voir quoi ce que ce soit.


C.M. La poésie est « thématiquement » au centre du film avec l’atelier de poésie et le club de lecture de poèmes. Mais n’est-elle pas partout dans le film par « construction » ? Le film me paraît, plus que ceux que vous avez réalisés jusqu’à présent, fait de rapports qui bougent, et qui relient des instants très durs ou très fragiles. Le film a un caractère « ouvert ».

L.C. J’ai pensé à un film qui ressemblerait à une page sur laquelle est écrit un poème et où subsiste beaucoup de blanc. Ce vide pourra être comblé par les spectateurs. En ce sens, c’est un film « ouvert ».

C.M. Ainsi, vous laissez vides certaines cases qui semblent importantes. Le policier qui participe aux activités poétiques et dit des choses « graveleuses » réapparaît au moment de l’arrestation du petit-fils et la réaction de Mija laisse penser qu’elle savait qu’il allait venir. Doit-on supposer qu’elle a dénoncé le crime de son petit-fils ? Si oui, pourquoi ne l’avez-vous pas montré d’une manière plus évidente ?

L.C. C’est un secret de Mija et aussi du film. C’est au spectateur de déchiffrer ce mystère. Mija n’aurait pas voulu révéler son secret. Il y cependant quelques indices, peut-être suffisants. Quand elle pleure devant le restaurant, l’inspecteur est à ses côtés ; le jour où son petit-fils est arrêté par la police, elle lui a tout à coup acheté une pizza, lui a ordonné de prendre un bain et lui a coupé les ongles des pieds ; elle a fait venir la mère du gamin… Mais je ne voulais pas le montrer de manière trop directe. Je voulais plutôt le suggérer au spectateur à la manière d’une « moralité » du Moyen Âge. Une sorte de jeu dissimulé dans lequel le spectateur est invité à faire un choix moral devant le blanc du film, tout comme l’héroïne. Mais ce jeu est tellement discret que le spectateur peut ne pas en prendre conscience.

C.M. Quand la grand-mère a un rapport sexuel avec le « président », le fait-elle en pensant déjà à l’argent qu’elle pourra lui demander ? On a l’impression que l’idée de lui demander de l’argent ne viendra que plus tard. Est-ce qu’elle a décidé (après réflexion, ou dans une impulsion instantanée) de faire au président ce « cadeau » avant sa mort ?

L.C. Quel sentiment aurait pu amener Mija à faire « cet acte de charité » en faveur de ce vieux machiste ? Avant de s’y résoudre en tout cas, elle a passé un long moment à réfléchir au bord du fleuve où la jeune fille s’était suicidée. Elle était probablement plongée dans des pensées profondes et complexes. Le désir sexuel de garçons immatures ayant entraîné la mort de la jeune fille et celui du vieux qui l’avait suppliée en disant qu’il voulait être un homme pour une dernière fois… Paradoxalement elle décide d’accéder à son souhait. C’était sans doute par pure pitié. Mais plus tard elle salit elle-même son acte en demandant de l’argent au vieux. C’est triste, mais elle n’a pas le choix.

C.M. Des rimes, des échos, des retours… il me semble que le film comporte des échos visuels : les fleurs en particulier, les fleurs rouges… (et les fleurs rouges artificielles chez la femme-médecin). À un moment on voit de la vaisselle sale dans la cuisine de la grand-mère (qui regarde cette vaisselle) ; et plus tard, à l’atelier de poésie, il sera dit que la poésie est même dans de la vaisselle sale. Ou bien c’est le chapeau de la grand-mère qui tombe à l’eau et qui fait penser au suicide de la fille (et à l’image du corps flottant au début du film), mais comme s’il l’allégeait…

L.C. Les fleurs rouges sont liées au sang. Souvent la beauté est liée à la laideur. Des fleurs artificielles sont quelquefois très belles. Le chapeau qui tombe dans l’eau fait penser au suicide de la gamine et fait allusion au destin de Mija.

C.M. La fin du film reste également ouverte. Où est-elle partie après avoir laissé un poème ? On ne le sait pas, on se contente de sentir son absence en écoutant sa voix lisant son poème. S’est-elle suicidée ?

L.C. Là aussi, j’ai voulu laisser au spectateur le soin de remplir la case laissée vide. Même s’il y a aussi des indices. Le cours du fleuve dans la dernière scène fait penser que Mija a fait sien le destin de la jeune fille. Il y a aussi ce qu’elle pense en voyant les abricots tombés par terre.

C.M. La chanson d’Agnès : la voix de la grand-mère devient, fluidement, celle de la fille. Est-ce bien cela ?

L.C. Agnès est le nom de baptême de la jeune fille morte. Mija écrit à sa place l’unique poème qu’elle laisse au monde. Elle parle au nom de cette jeune fille en imaginant ce que cette dernière aurait voulu dire au monde en le quittant. On peut donc dire qu’elles fusionnent à travers ce poème.

C.M. Vous dites que ce film est une interrogation : que signifie la poésie en ce temps où la poésie agonise ? Vous dites aussi que, dans cette question, le mot « poésie » peut-être remplacé par « cinéma ». Votre conception de la poésie est-elle reflétée dans la thèse de ce film ?

L.C. J’avais juste envie de poser la question au spectateur. C’est à lui d’y apporter la réponse. Cependant, il y a une chose que je pense à propos de la poésie : elle chante ce qu’un autre pense et ressent à ma place. Si on me demandait pourquoi je fais des films, je pourrais lui répondre : « Je raconte votre histoire à votre place. »




Alain :
Le réalisateur dit qu'il laisse le spectateur remplir les cases... Et ça m'arrange - encore - même si j'accepte qu'il en soit autrement, que le sort de Mija ne soit pas scellé. C'est une manière de me faire mon histoire, comme pour toi. Une façon de s'y projeter.
Quand on fait de l'analyse de film on s'interdit de pareilles projections. En réalité, l'art forme un triangle :  Il y a le film, son analyste et son interprétant. Penser que l'on puisse enlever un ces côtés est illusoire.  La Sagesse de l'image propose d'investir le film du côté de l'interprétation de son spectateur. Sans elle le film, son art, rigoureusement n'existe pas. L'oeuvre est en attente de sa lecture. L'art est clivé des deux côtés de sa réalisation et de sa perception. L'un des critères de l'épaisseur artistique de ce film se mesure à cette possibilité laissée à notre imagination. Suivre nos lignes éclaire le film même si on s'en éloigne. C'est ce que recommande Roland Barthes dans un article ("Par où commencer") de 1967 dans la revue Poétique, si on veut investir une œuvre.

Oui c'était une belle séance hier soir.
C'est intéressant de voir qu'un sujet qui aurait pu paraître triste au fond nous donne la pêche au final. 
Le fait de le partager, d'y mettre des mots de développer des hypothèses y contribue grandement.